Le prototype de la passerelle Rayon Vert

L’été s’en va nonchalamment, comme un foulard que l’on aurait oublié dans un wagon de train. La fraicheur du soir se ressent à nouveau. Elle descend sur nos bras et sur notre lit quand vient la nuit. Septembre est là. Septembre plein de promesses, plein d’envies, plein d’appréhension, aussi. C’est la saison des rentrées, la saison qui a le goût amer de fin de vacances, certes, mais aussi et surtout le temps qui a la saveur des projets en cours et à venir.
Septembre, à la gare de Renens, on l’a vu venir. Le planning scrupuleusement minuté du chantier s’est d’ailleurs appliqué à respecter les jours de début et de fin de vacances des écoliers, afin de perturber au minimum les trajets des pendulaires et des riverains.
Petit aperçu de l’un des plus gros chapitres de cette rentrée : la Passerelle Rayon Vert.

Rayon Vert : un trait d’union entre le nord et le sud
Les prémices de ce projet datent de 2007, lorsque les quatre communes limitrophes de la gare (Renens, Chavannes-près-Renens, Crissier et Ecublens) lancent le concours « Renens CFF-Gare de l’Ouest, interface des transports », qui sera remporté par le projet « Rayon Vert ». Comme un trait d’union symbolique entre le Nord et le Sud, qui part à la cicatrice imposée par les voies de chemin de fer, le projet se caractérise par une requalification des espaces publics aux abords de la gare, ainsi que par la création d’une passerelle végétalisée. À la fois infrastructure – indispensable au flux sans cesse croissant de voyageurs – et architecture – souvenir fugace des jardins suspendus de Babylone ? – la passerelle Rayon Vert survole les rails et lie la place de la Gare, au sud, à la place du Terminus, au nord.

Rayon Vert : une passerelle organique
Afin de gérer les flux de voyageurs et distribuer au mieux les charges sur différents points d’appui, la passerelle est dotée d’une forme organique. C’est-à-dire que sa morphologie est différente en fonction des besoins. Cette structure complexe est actuellement en cours de développement chez Sottas SA, constructeur métallique à Bulle. L’usage exige en outre que la largeur de la passerelle varie en fonction de son emplacement : elle s’épaissit par exemple au niveau de l’appui situé à l’emplacement de l’ancien bâtiment de la coop, en raison du fort flux de passants attendu.
La construction de la passerelle en est pour l’instant au niveau des porteurs verticaux. L’un des pieds de la passerelle a par ailleurs été érigé ce printemps sur la voie 4. Depuis son sommet, on imagine aisément la vue que Rayon Vert offrira sur la gare et ses alentours.  La construction des autres piliers porteurs se fait en parallèle du reste du processus du chantier et se développera au cours des prochains mois.

Rayon Vert : un jardin suspendu
Plus qu’un simple pont, la passerelle a l’ambition de devenir une place. Les architectes farra zoumboulakis associés, auteurs du projet lauréat de 2007, insistent sur le fait que « les places nord et sud sont appréhendés comme un seul espace dont la passerelle permet d’assurer les liens de continuités spatiales et fonctionnels. » Le prototype, actuellement en développement chez Sottas SA à Bulle, recevra non seulement le flux des pendulaires qui sortiront et monteront des trains, mais aussi les déambulations des riverains qui traversent la gare. Ainsi, des bacs de plantations situés le long des garde-corps de la passerelle accueilleront des plantes grimpantes qui courront le long du filet de protection, afin d’amener de la verdure au-dessus des rails et créer un filtre végétal entre badauds et trains. Enfin, un banc, dont le design est encore en cours de développement, suivra également la passerelle sur sa longueur et offrira un lieu d’attente aux voyageurs. Un lieu qui a déjà beaucoup inspiré notre architecte-dessinateur Goullagoullik.

Rayon Vert : un processus de longue haleine
Comme le rappelle le bureau d’architecture farra zoumboulakis associés, Rayon Vert est un projet particulier en raison de la longue durée sur laquelle il s’étend : 10 ans d’études, 5 ans de travaux (nous n’en sommes qu’au début) et une durée de vie de plusieurs décennies. Comme il le souligne « l’enjeu est de mettre en place un projet suffisamment fort dans sa spatialité pour permettre de faire partager une vision à tous les acteurs en présence. »

Cette vision, le Petit Journal de la Gare de Renens compte la mettre en place avec son projet REGARD. Regard comme Renens Gare. Re – gare. Regard. Observer, documenter, et tenter de retenir, au travers du chantier, l’essence même de ce qu’est la gare de Renens : un lieu sans cesse en mouvement, mais doté d’une forte identité.

C.H.V.

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